(Pour être dans le réseau Soniaville c’est ici: http://aire-ville-spatiale.org/comment-devenir-resident)
Sonia (Système d’Opérateurs Numériques en Intelligence Artificielle) est un robot numérique capable d’écouter, de comprendre et de réaliser toutes sortes de demandes en gestion de contenus web : ajouter un article, modifier une info, poster un nouveau message, supprimer une actu, etc. Utilisable depuis un navigateur web, un PDA, un mobile, un iphone ou encore un logiciel de synthèse vocale, Sonia l’est également depuis un univers virtuel comme SecondLife.
SONIA dans AIRE Ville Spatiale sur Second Life et les réseaux: SoniaVille
Dès le départ la question a été celle de la relation à créer entre un système d’information (celle qu’on échange, celle qu’on produit, celle qu’on consulte…) et un système urbanistique porteur de sa cohérence propre. Surajouter un système autonome (soniabot) à un système architectural complexe – indépendamment de la logique qui sous-tend la démarche de Yona Friedman – était insatisfaisant du point de vue de la démarche du concepteur. C’est pourquoi nous avons abordé le problème dans l’autre sens. La question est devenue : comment intégrer un système d’information à une architecture de façon à ce que ce système devienne “une partie de l’architecture” ? Autrement dit : comment penser l’information (sa production, sa diffusion, …) en tant qu’objet d’urbanisme” ? Il n’y a en effet aucune raison pour que communication et habitat – qui dans la vie réelle n’entretiennent de rapports que techniques – ne fusionnent pas en un flux commun qui rendrait leur distinction en tant qu’entités ou catégories de plus en plus floue.
Un clone de Sonia, 100% virtuel, inexistant physiquement en tant qu’objet dans ce monde en 3D, sera placé directement dans la ville elle-même. C’est donc elle, la ville, qui deviendra “outil de communication” entre ses habitants. On n’est plus alors – comme on l’est dans la version originelle de Sonia – dans un rapport avec un outil d’échange 2.0 type Facebook ou Twitter, mais dans un réseau social “créé par la ville”, recouvrant son périmètre et alimenté par ses résidents. Ceux-ci produiront de l’information exactement comme ils produiront de l’habitat, et c’est la ville elle-même, en tant qu’ “outil de communication”, qui répercutera messages, actus, etc. de chacun vers tous.
Habiter la “Ville spatiale” n’est donc plus seulement se singulariser par la spécificité de son propre bâti (qualité ou originalité de la construction buildée) mais se singulariser aussi par son existence en tant qu’ “être social communiquant”. Ce que l’architecture crée naturellement comme lien social se trouve ainsi renforcé par cette nouvelle fonctionnalité. Ce lien se tisse et se maintient non seulement dans SL mais également sur le web en temps réel. Tout résident de la “Ville spatiale” peut donc créer ou consulter de l’information où qu’il se trouve : dans SecondLife, au bureau sur un ordinateur, dans le TGV sur un téléphone mobile, etc.
La ville deviendra alors une sorte de gigantesque “capteur virtuel” qui permettra à chacun d’être reconnu par le système Sonia (être résident = être authentifié) ; il suffira alors à chacun de dire ce qu’il veut faire (poster une info par exemple) pour qu’avatars et ville commencent à dialoguer via le moteur d’intelligence artificielle. Sitôt la demande comprise, l’info est instantanément en ligne et consultable partout et par tous, même non-résidents.
Cette approche nous a semblé à la fois assez innovante et surtout 100% conforme à la pensée de Yona Friedman. Ce projet offre la chance de mener une expérience à la fois intéressante et très prometteuse : celle de pouvoir explorer en quasi-laboratoire (un univers 3D) des fonctionnalités de communication numérique directe et de réseautage social entre résidents d’un ensemble socio-urbanistique cohérent. Méthodes d’utilisation, types de contenus produits, outils utilisés, dynamique des échanges, relations entre circulation urbaine et circulation d’infos, effets de centralisation ou au contraire d’éparpillement, tout ceci sera observé en direct et ne pourra qu’enrichir la réflexion sur les rapports entre habitat et communication.

Alain Brégy / Wolden Avro
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