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Sociologie du pentecôtisme tsigane

2 octobre, 21H30, intervention de Régis Laurent, docteur en sociologie,sur l’espace Médias Critique, Second life, Ecologia Island

Après la guerre, à la sortie des camps de concentration, quelques groupes solidaires tsiganes étaient rentrés en contact avec un mouvement religieux spécifique : le pentecôtisme. Encouragé par sa propre foi, un pasteur pentecôtiste d’origine sédentaire trouvait avec cette population une terre favorable à l’expansion de ce phénomène religieux. Par ailleurs, les tsiganes trouvèrent là la possibilité de construire de nouvelles formes de relation solidaire entre les groupes et aussi d’étendre leurs territoires. Au delà même de la théodicée, l’utopie religieuse qui allait se diffuser dans leurs rangs, c’est aussi une nouvelle façon de nomadiser qui allaient progressivement prendre forme.
Ce mouvement religieux leur a permis de souder de nouvelles alliances, de construire de nouvelles stratégies face à une société souvent hostile vis-à-vis de tout ce qui bouge, nomadise, vagabonde. Tout en renforçant les solidarités mécaniques, le pentecôtisme tsigane, en se confrontant aux institutions dominantes a tout d’abord été perçu comme une institution illégitime, et elle est encore souvent perçue ainsi. Cependant, il semblerait qu’elle trouve peu à peu une légitimité au regard des institutions légitimes, des institutions républicaines, pour des raisons d’ordre public, de régulation et même de surveillance et de discipline.
En analysant l’histoire d’un groupe tsigane type, construit à travers diverses sources d’information, on peut arriver à se configurer l’histoire de ces tsiganes pentecôtistes en France depuis la guerre jusqu’à nos jours et comprendre comment ce phénomène religieux a été une réponse aux contraintes sociétales envers ces populations. Il s’agit aussi de comprendre comment ce phénomène religieux leur a permis de construire un système propre qui leur permet encore aujourd’hui de diminuer le coût de l’incorporation des normes, de donner du sens au nomadisme, et de voir que la théodicée a aussi une interprétation bien réelle dans les pratiques : ce que j’ai appelé dans ma thèse « la foi pratique ».
Régis Laurent aka Valjean Ansar

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